Éclaircir, ce n’est pas ajouter du clair : c’est retirer une partie de la couleur que le cheveu contient déjà.
Un cheveu ressemble à une tige recouverte de petites écailles posées les unes sur les autres, comme les tuiles d’un toit. À l’intérieur se trouve le pigment naturel, la mélanine, qui donne la couleur. Pour éclaircir, le produit doit d’abord soulever ces écailles afin d’atteindre le pigment. C’est la première étape, et c’est elle qui rend le cheveu plus poreux : une surface ouverte laisse entrer l’eau plus vite, mais elle la laisse aussi ressortir plus vite.
Vient ensuite l’oxydation du pigment. L’éclaircissant le dégrade progressivement, du plus foncé vers le plus clair, et c’est pour cela qu’un brun ne passe pas directement au blond : il traverse des étapes chaudes, rouges puis orangées puis jaunes. Plus on veut monter haut, plus l’action dure ou se renforce, et plus la fibre travaille. Rien de dramatique en soi : c’est le métier même du coloriste que de doser cette action.
La troisième conséquence est la perte d’hydratation. Une fibre éclaircie retient moins bien l’eau et les corps gras qui la rendent souple. Au toucher, cela se traduit par un cheveu plus sec, plus rêche, qui s’emmêle plus facilement s’il n’est pas accompagné. C’est là que la finition et l’entretien font toute la différence, on y revient plus bas. Retenez simplement ceci : un éclaircissement transforme toujours la fibre, mais une transformation n’est pas une dégradation. Tout est une question de mesure.